Culture d’Asie et d’Okinawa

[Mongolie] Arts martiaux mongols

Si l’on omet la guerre et la chasse matérialisées par la présence des armes dans les vestiges dès le Paléolithique, et on se concentre seulement sur les représentations des affrontements organisés entre personnes, on peut constater qu’ils ont lieu en Mongolie dès le Néolithique ou début des âge des métaux.

Ceci en soi n’est pas étonnant, car c’est le cas de nombreuses autres civilisations, mais ce pays nous livre un des plus anciens témoignages du combat codifié mis en place par les communautés à d’autres fins que la guerre (rituelles, religieuses ou d’amusement). Les gravures rupestres datées autour des 5000 ans avant notre ère représentent des hommes pratiquant la lutte. Certains spécialistes rapprochent cette image de la lutte mongole telle qu’on la connaît actuellement et y voient une filiation directe.

Autant l’Age du Bronze (3e – 1er millénaire avant notre ère) livre plutôt des armes et leurs représentations – dagues, boucliers, arcs etc. -, l’Age du Fer (1er millénaire avant notre ère) nous apporte une nouvelle image des lutteurs. La plaque de ceinture datée de plusieurs siècles avant notre ère appartient à la culture des Xiongnu (3e siècle avant notre ère – 3e siècle de notre ère) dont le centre se trouvait en Mongolie et qui est associée aux Huns européens (c’est pour cette raison qu’on appelle les Xiongnu parfois les Huns Orientaux). (On n’a pas la place ici pour analyser toutes les périodes, donc certaines, comme celle des Xianbei, seront omises).

Sous un certain angle, on pourrait établir un rapport entre la lutte figurée sur cet objet et la lutte mongole traditionnelle. Ce qui est sûr, c’est la place importante que la lutte occupe dans la société en Mongolie depuis au moins 2000 ans. En traversant l’époque des anciens Turks (4e – 8e siècle, les Turks migrent plus tard sur le territoire de la Turquie actuelle, il ne fau pas les confondre avec les Ottomans) et celles des Kitan, anciens Ouïghours (à distinguer des Ouïghours contemporains), Jurchen et Kirghiz comprises entre les 8e et 12e siècle, la lutte s’est transmise à la période où, grâce à ces héritages, l’identité mongole a été créée sous son aspect actuel : l’empire mongol fondé au 13e siècle par Gengis khan.

Ce type de lutte devient même un des critères de sélection pour gravir les échelons dans l’hiérarchie administrative et militaire du pays, et c’est aussi pour les plus hauts postes. Contrairement à ce qui se passe aujourd’hui avec « la sportivisation » de la lutte traditionnelle, la pensée liée aux arts martiaux en Mongolie visait un développement intégral du corps et ne privilégiait pas la lutte aux autres arts qui lui sont indissociablement connectés : le tir à l’arc ou l’équitation et les arts de combat à cheval (lance etc.). Chaque combattant devait pratiquer tous ces domaines permettant d’acquérir les qualités physiques complémentaires.

La prochaine fois, on se penchera sur les caractéristiques de la lutte mongole traditionnelle.