Culture d’Asie et d’Okinawa

[Chine] Arts martiaux des « minorités » en Chine et ceux dits « chinois »

Quand on parle des arts martiaux chinois, on pense tous aux différentes écoles internes et externes plus ou moins connues en Occident. Et quand on évoque la Chine, rares sont ceux qui à la place de l’ethnie han vu comme monolithe, ont une image des centaines de peuples complètement différents.


Pourtant, c’est cela le véritable visage de ce pays colossal qui, malgré des siècles de centralisation et uniformisation, n’a pas pu faire disparaître cette incroyable diversité culturelle. Celle-ci se reflète bien sûr dans l’identité culturelle de ses diverses ethnies, mais encore plus primairement dans le domaine qui assure la survie de l’homme dans les conflits à tous les niveaux et plus généralement, ce qui permet de maintenir son corps fort: les techniques martiales. 
Sous cet angle, on voit non seulement apparaître tout un tableau d’arts martiaux développés sur le territoire de la Chine actuelle peu connus (arts martiaux tibétains, mongols, yi, golok, madchous, dong, qiang, ouïghours etc.), mais aussi, on peut adopter une autre vision des arts martiaux créés par les Han, c’est-à-dire des Chinois ethniques. Au lieu de les penser « purement chinois », nous allons découvrir qu’ils ont aussi été stimulés par de nombreuses influences extérieures.
Nous savons tous par exemple que les arts martiaux issus du Shaolin ont reçu une influence du monde indien. Mais qui sait que ces éléments porteurs ont dû transiter par le Tibet et donc les arts liés à Shaolin portent aussi une certaine marque de leurs cousins tibétains ? Ou alors, a-t-on conscience qu’un art chinois par excellence qui est le bagua a absorbé à la fois la tradition des régions mongoles et mandchoues, et ce à la fois dans son concept primordial des huit trigrammes et ses techniques employées ? Et des exemples sont encore nombreux.
Ceci est alors le début d’une série d’articles consacrés aux techniques martiales de certaines ethnies et civilisations cachées sous le terme de « minorités » en Chine et aussi sur les multiples facettes peu connues des arts martiaux chinois proprement dits.
De temps à autre, on va aussi évoquer les différents types de médecine et techniques de soins, inséparables du monde martial.
Lors de ce périple, nous allons traverser la zone géographique étendue entre la Mongolie au nord et Okinawa et péninsule indochinoise au sud, la Mandchourie à l’est et les confins de l’Europe à l’ouest.