Culture d’Asie et d’Okinawa

[Ryûkyû] Le Jour de l'infamie

La reddition japonaise sans condition fut signée le 2 septembre 1945.

La reddition japonaise sans condition fut signée le 2 septembre 1945.

Les forces des Etats-Unis présentes à Okinawa depuis le mois de juin, et au Japon depuis la fin du mois d’aout (suite à la capitulation du 15 du même mois), devinrent dès lors maître du pays durant sept ans.

A la métropole il n’y avait que 7500 hommes, contre des dizaines de milliers à Okinawa.

Mais au cours des années qui suivirent, il y avait en tout plus de 500 000 soldats stationnés dans l’Etat japonais.

Le Japon à partir de 1947, est gouverné par le célèbre Mac Arthur, et sa vision de faire du Japon un « îlot à riz ».

L’homme rencontra l’empereur Shôwa, et trouvant un point d’entente sur la lutte anti-communiste, les deux hommes établissent des relations cordiales. Mac Arthur réussissant même à lui éviter le tribunal.

En septembre1951, le Japon et les Etats-Unis signèrent le Traité de San Francisco, qui prévoit l’arrêt de l’occupation des Etats-Unis, mais une collaboration intense en matière économique, et surtout la permission donné par la Japon de laisser les Etats-Unis disposer de son sol pour y installer des bases (la Guerre de Corée fait alors rage, et le Japon jouit d’une place stratégique dans la région).

Ce traité prévoit aussi qu’Okinawa sera conservé par les Etats-Unis, qui en disposera à sa guise, en installant une administration civile, mais de façade en fait.

Le traité entra en vigueur le 28 avril 1952. Le Japon métropolitain retrouvait son autonomie, mais Okinawa (et Amami, mais ces îles furent rétrocédées au Japon l’année suivante) devint un possession des Etats-Unis, n’étant ni un Etat, ni un protectorat, ni une colonie.

Dès lors le 28 avril est connu à Okinawa comme le Jour de l’infamie 屈辱の日  Kutsujoku no hi

Imaginons un peu. Un pays retrouve sa liberté, mais une petite partie, isolée, loin au Sud, reste sous autorité de l’envahisseur, ce qui était synonyme de violences, de crimes, d’humiliations.

Quand l’ensemble du peuple fête sa liberté retrouvée le 28 avril, à Okinawa on pense que l’on a servi de monnaie d’échange, puisqu’Okinawa a été laissé comme un gage pour convaincre les Etats-Unis de laisser le Japon être libre à nouveau tout en ayant un point d’appui fort en extrême Asie.

De plus, le premier Ministre Abe a instauré le 28 avril comme jour du recouvrement de la souveraineté, marquant un peu plus l’écart entre Okinawa et la métropole.